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Carnet de route : JORDANIE

Voyageurs, baroudeurs et aventuriers virtuels qui suivez les pas de nos Paris-Pékinois à chacune de leur étape internaute...
Vous tous et toutes... vous vous souvenez d'Hélène ? Hélène, c'est moi, la soeur d'Isabelle. Je garde encore la plume quelques kilomètres, avant de la céder à nouveau à Isabelle. A vos marques, prêts...

Nous abordons à Aqaba, en Jordanie, qui nous semble si propre et si riche après l'Egypte. Au fin fond du golfe qui porte son nom, nous prenons le temps d'une plongée pour admirer les coraux et la magnifique faune aquatique. En face de nous, à 10km à peine de l'autre côté de la baie : Eilat, en Israël. A peine plus loin : Taba, en Egypte. Et d'Aqaba, nous voyons les premières usines pétrolières d'Arabie Saoudite, à une vingtaine de kilomètres. 4 pays en un tour d'oeil, je me devais d'en parler.

Xav' part seul attaquer la route sur son destrier mécanique. Zabou et moi restons sur place et nous offrons... le turkish bath! Les maîtres des lieux virent les habitués, des hommes évidemment, pour que les" women tourists" (seules femmes à pénétrer dans cet unique hammam de la ville) soient tranquilles. Dans les mains d'un expert, nous contemplons donc nos peaux mortes et saleslaissent place une peau neuve frottée au gant de crin. Nous passons ensuite dans les mains d'Illian, expert lui aussi... mais en massage. Nous confions donc nos corps maintenant propres mais courbatus de la veille à cet assistant pharmacien qui semble autant que nous apprécier ce moment.

Nous arrivons, presque, à l'heure le lendemain à Pétra, où nous attendent Jeff et Agnès, soeur et beau frère de Xav'. Nous fêtons donc ce nouveau millénaire en famille. Agnès et Jeff nous offrent l'hotel. Depuis quatre mois, les deux zozos n'avaient pas pris de bain...

Pétra explose de beauté, et sa roche de couleurs. Ce site nabatéen, construit à partir du 3ème siècle avant Jésus Christ, est sublime et gigantesque. D'abord par son étendue : 2 jours 1/2 ne nous ont pas laissé le temps de l'arpenter totalement. Gigantesque aussi par ses bas-reliefs, d'une finesse inouïe, taillés comme leur nom l'indique, à même le rocher, sur des monuments atteignant jusqu'à 50 m de haut.

Nous décidons de passer notre dernière nuit à l'intérieur du site. Nombreux sont ceux qui nous le déconseillent : "One month jail if they capture you". Nous nous cachons, subtils, juste au dessus... d'un poste de garde! Nous n'avions jamais eu l'occasion d'être aussi discrets! Le lever de soleil a bien payé notre crainte et de nos difficiles silences de la nuit. Ma-gi-que!

C'est sur cette note que je tire mon mouchoir blanc. Je les laisse devant le château cathare d'Al Karak, entre Pétra et Amman. Ils se sont séparés pour quelques jours, pour se retrouver dans la capitale Jordanienne, où ils ont des rendez-vous musicaux.

Je termine ce récit mercredi 5 janvier, à la terrasse de la Palette, Paris 6ème. Il y fait un peu froid... mais sûrement moins qu'en Turquie, que j'ai vue enneigée depuis l'avion tout à l'heure. Ils vont commencer à avoir froid, très froid. Redoublons de pensées pour eux, et rassurez-vous, je les ai vus heu-reux.




Carnet de route d'Isabelle : Al Karak, Jordanie.

Intarissable qu'elle est, ma soeur !
Hélène vient de partir. Je ne vois déjà plus ses petites mains s'agiter dans le minibus où elle a enfourné son vélo. Xav' a disparu lui aussi, on se retrouvera à Amman. Devant moi, une longue descente grisante. Les trouées des nuages illuminent des pans de montagne raide. Quelques moutons grignotent des cailloux, gardés par des oliviers rabrougris.
En bas, un village : cubes de béton posés dans le désert beige. Puis la mer, pas si morte que ça. J'ai du passer deux bonnes heures silencieuses à regarder les vagues puissantes. Elles explosent sur des rochers blancs éblouissants, où le sel s'est cristallisé depuis des siècles. Ahhhh, ce luxe du temps dilaté, quel bonheur...

Amman.

Après plus de 180 km de route (avec vent arrière), nous nous sommes donné rendez-vous devant le Yarmouk hôtel, adresse piochée dans le Lonely Planet... qui ne précisait pas qu'il y en avait deux, de Yarmouk hôtel. Un flic étonné de voir deux vélos chargés comme des camions attendre à deux endroits différents nous permet de nous retrouver.
Il fait un froid de canard, l'hiver est là, maintenant, plus de doutes. Grelottants, nous retrouvons l'ambiance affairée des grandes villes orientales. La nuit fait naître des braseros de fortune. Mains gelées tendues vers les flammes brûlantes, nous découvrons que finalement, c'est merveilleux de voyager l'hiver...

Notre chambre d'hôtel n'inspirerait pas un poète. Éclairage aux néons, murs nus d'un bleu pâle glauquissime, c'est une chambre froide au carrelage antarctique. Pourtant, comme les vacances musulmanes viennent de commencer et que tout est fermé, nous y passons des moments délicieux à bouquiner, emmitouflés dans nos sacs de couchage.
Je vous passe les détails de l'obtention du visa Syrien (" You have to go back to Paris, here not possible") obtenu de justesse après d'habiles tractations et beaucoup de doutes. Côté musiques traditionnelles, la Jordanie écoute beaucoup de musiques arabes et très peu de musiques... Jordaniennes. Le pays n'a que 50 ans et il n'y a qu'un seul véritable compositeur cherchant à diffuser des musiques proprement nationales. C'est un septuagénaire bavard, qui porte le doux nom de Tawfiq Saleh Rizqalala Al Nimri.
Il nous reçoit chaleureusement chez lui, dans un appartement cossu d'Amman. Certaines de ses musiques sont chantées en nabatéen, la langue du peuple arabe pré-romain qui nous a laissé les splendeurs rocheuses de Pétra. Pas évident d'enregistrer un morceau sans que les portes ne claquent, délivrant ou extirpant des fournées d'enfants bruyants. Tawfiq chante lui-même, accompagnant sa voix rocailleuse d'un luth qui porte au moins l'âge du maître.

Les faubourgs d'Amman ont la mauvaise idée d'être sur des pentes QUI moNTENT SEC. La nuit arrive avant les premières descentes enivrantes et glaciales. Pointes à 60 km/h dans l'obscurité totale. Nous ne voyons rien devant nos roues, sauf les phares aveuglants des voitures qui nous font face. Au loin, une maison éclairée et quelques aboiements. Nous frappons à la porte. Un fermier ouvre et sourit comme si nous étions attendus.
Les quatre membres de cette famille soudée ne parlent pas un mot d'anglais mais notre arabe de cuisine suffit pour installer un véritable échange. La mère éclate régulièrement d'un rire bruyant qui secoue tout son corps. Le père est alité, keffieh défait et toux grasse. Les deux fils sont curieux et prévenants. Après l'abondant repas qu'ils tiennent à nous offrir, nous leur préparons un plat lyophilisé de "yakoul faransawi" (manger français) qu'ils dévorent joyeusement (cf photo). Entre les deux lits qu'ils nous bordent, ils installent en insistant le seul chauffage de la maison. L'hospitalité arabe est désarmante.

"Rêver, un impossible rêve, porter le chagrin des départs,
Brûler d'une impossible fièvre, partir, où personne ne part, (...)
Tenter, sans force et sans armure, d'atteindre l'inaccessible étoile,
telle est ma quêêêêêêêêête, suivre l'étoiaaaaaaaaaaaale,
peu m'importent mes chances, peu m'impppporte le temps, (...)"

Dans les vallons qui mènent à Jérash, j'hurle la Quête de Brel à m'en exploser les poumons. Un soleil timide éclaire le sol sauvage, aride, survolé par de grands corbeaux gracieux.

Jérash

Encore un site romain. Nous en avons vu beaucoup et pour changer, je décide d'arpenter celui-là avec une musique d'opéra dans l'oreille. Dieu que c'est bon. Dans la forêt de colonnes, mon sourire est si permanent que les rares touristes Jordaniens me scrutent avec suspicion. Les pieds dans les ornières creusées par des chars romains il y a 19 siècles, je goûte ces instants de bonheur pur. Le soleil fait rougir les chapiteaux corinthiens un à un. Dans le théâtre, les 3000 places sont vides. Une lumière rasante transforme les gradins en composition graphique. Tous les ans, en juillet, le festival international de musique leur insuffle une vie extraordinaire. Opéras Italiens, musiques arabes, ballets russes, chants Tsiganes, etc., résonnent dans ces ruines poignantes. Il faudra forcément revenir ici un jour, en juillet.

A la sortie du site, Xav' discute avec des occidentaux. Michelle, pétillante libano-belge-mexicaine, fait la tournée du Proche Orient ; John, hollandais, arrive de Chine à vélo (que c'est banal, ce voyage, finalement) ; "Chakall" et "Ibrahim", deux argentins, viennent de parcourir 60 000 km de pistes africaines dans leur merveilleux 4x4 décoré comme une oeuvre d'art. Nous passons la nuit dans le désert avec eux, dansant sur des concerts inédits de Manu Chao pour oublier le vent glacial. Le lendemain, John reprend notre route à l'envers et Michelle part pour Jerusalem. Avec les Argentins, nous décidons de dormir discrètement entre les colonnes du temple d'Artémis, que la lune éclaire doucement. Je n'oublierai pas le récital improvisé par Chakall, de nuit, dans le théâtre romain. Comment le gardien a fait pour ne pas nous entendre ?





Quelques mots de Xav' :

Comment Ca ? Vous avez encore du temps devant vous ? Profitez-en pour télécharger le petit fichier jordaniexavier.rtf (27 ko) et la carte qui l'accompagne : cartejordanie.tif (32 ko). Cela vous permettra peut-être de découvrir plus à fond le pays avec le regard de Xavier.

kilométrage dans le pays, à vélo : 340 kilométrage dans le pays en car / pick-up / avion : 150 Total du kilométrage à vélo : 7220 Total du kilométrage en car / pick-up / avion : 4050

Par ici pour le clic du bonheur : Syrie...

Villes et villages traversés en JORDANIE - Aqaba - Wadi moussa (le NOUVEL AN 2000 à Petra en famille : c'est unique!) - As Safi - Mer morte - Al Mazar - Amman - Jarash (Without you, Chakal'n friends, we wouldn't have decided to do a world tour. Thanks so much then) - Irbid (Our nicest moment in a Jordanian house)- Ar Ramtha

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