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Carnet de route: TUNISIE





Tunis, 2 octobre:

Quinze jours, déjà, depuis notre arrivée à Tunis... Nous avons l'impression y avoir passé la moitié de notre vie.
Le nomadisme nous manque, nous partons après-demain pour le Sud, histoire de voir s'il fait chaud dans le Sahara.
Cela dit, pendant que les vélos dorment dans la chambre de l'hôtel (sans douche), nous ne perdons pas notre temps. un savoir 
transmis de pere en filsLors des préparatifs en France, lorsque je cherchais des contacts de musiciens, Solenn m'avait conseillé d'appeler FH, qui m'avait recommandé BD, qui m'avait parlé d'HB, grand spécialiste des musiques Tunisiennes, qui m'avait lui-même laissé les coordonnées de S.B Abderradak, musicologue à Tunis. Un peu laborieuses, ces démarches, surtout quand elles sont multipliées par 13 pays, mais cela valait le coup. Trois jours après notre arrivée, nous découvrions le malouf (musique traditionnelle Tunisienne) avec Tahar Gharsa, LE maître connu de toute la Tunisie, et son fils Zied (fichier MP3, 896 KB) , enfant prodige virtuose du luth, piano, violon , rebab, et chant (photo).
Nous sommes aussi allés au conservatoire d'Amina Srarfi. Fille d'un grand compositeur, elle a créé une troupe, la Aazifet (les musiciennes) d'une vingtaine de femmes. Leur chant (fichier MP3, 941 KB) est gai, profond, vif; nous avons adoré, n'hésitez pas à télécharger.


J'arrrrrrriiiiiiiiiivvvvvvve !!!Alice nous a rejoints, avec son vélo mais en avion (p'tite joueuse), pour le tronçon Tunis - Le Caire. Alice, c'est la soeur de Xav' et la mère de notre site internet. Elle a arrêté de bosser pour voyager, revient tout juste du Vénézuela et veut partir en Malaisie après avoir pédalé avec nous. La vie est dure pour les Vayron...


Tous les trois, nous avons assisté à un truc complètement dingue à Sfax : un "takhmira" (fichier MP3, 985 KB) , soirée de transe de la confrérie soufie Awamria. Dans la rue, la nuit tombée, un coup de canon annonce le sacrifice. Un boeuf est égorgé de façon ignoble : sa gorge tranchée, l'animal cherche encore balancer furieusement sa tête pendant que le corps continue se débattre. Percussions puissantes, chants violents, danseurs exaltés, odeur du sang tiède. Le boeuf est emmené plus loin et la soirée continue à Dar Sallemi, une vieille maison de la médina. Les transes ne sont pas simulées... Une fois "partis" dans leur monde, les danseurs s'enivrent des fumées d'encens, portant à mains nues un pot de terre empli de braises rouges. Ces rites avaient été plus ou moins interdits par Bourguiba. Les anciens racontent qu'il était effrayé de voir des hommes devenir invulnérables : "le Président craignait peut-être pour sa personne. La transe du Lion donne la force d'une bête sauvage..." Ahmed Sellami, adorable Tunisien fluet, à la voix douce et aux gestes mesurés, se lève pour danser... et on le voit partir de plus en plus loin dans sa transe (accroupi sur la photo, au-dessus d'un pot de braise). Il engloutit une braise comme on mangerait un loukoum, danse en rythme les yeux fermés, en évitant tous les obstacles. Joue avec un sabre, de plus en plus vite, tranchant la fumée qui s'élève entre les colonnes. Il s'effondre, totalement déshydraté, et nous le retrouvons une demi-heure plus tard, visage d'enfant reposé et sourire aux lèvres. Il ne se souvient de rien, pas même de son tison. Aucune trace de brûlure.
Vers 4 h du matin, nous nous sommes installés sur le toit de la maison pour dormir. Une belle insomnie m'a permis d'entendre le muezzin à 5h, les premiers oiseaux vers 6h, et la charrette du ramasseur d'ordures, qui crissait dans l'aube naissante. Nous sommes en Afrique. Le voyage prend une autre dimension. A vrai dire, tout paraissait si facile jusqu'ici. Vivement les brûlures du soleil et les paysages vides remplis par un berger. Les privations qui vous font apprécier la promesse du confort. Le dépouillement.
note d'Alice : ha ha ha, c'est ce qu'elle dit avant d'y être, dans son dépouillement !

Il n'y aura plus d'internet avant Alexandrie. Je ne sais pas si nous y arriverons dans un mois ou deux. En Libye, nous allons descendre vers l'Oasis de Ghat, à la frontière du Niger. Une famille de berbères, musiciens depuis des générations, s'est sédentarisée à Fewet. En principe, nous devrions y rester une semaine avant de pédaler sur les 2000 km de côte parsemée de trésors romains. Mais comme nous pensions rester trois jours à Tunis, nous ne cherchons plus à savoir combien de temps il nous faudra pour faire ces kilomètres...
Sans compter qu'on risque de se perdre assez souvent : les inscriptions des panneaux indicateurs sont uniquement en arabe. Mais ne vous inquiétez pas, on connaît l'alphabet arabe, on a une boussole, et une carte de Libye grande comme une carte postale.

Nous allons retourner au souk, royaume du "moins cher que pas cher", pour consolider les sacoches d'Alice et siroter un thé à la menthe en bâffrant de makroud (l'un des innombrable laxatifs à la base de notre alimentation).
Dans les ruelles tortueuses du souk, c'est simple, dès que vous cherchez un endroit, on vous dit "C'est tout direct, pas de problème, tout direct". En face de vous, on peut précisément prendre toutes les directions, sauf aller tout droit. En fait, le jeu consiste à se perdre et nous y arrivons très bien.
Les Tunisiens sont incroyablement gentils et délicats. Pour écrire ce mail, par exemple, le patron du café a fait déplacer une dizaine de clients afin de nous laisser un accès à la prise de courant. L'autre soir, nous regardions la télé sans trop d'enthousiasme, avec une bonne dizaine de Tunisiens autour de nous. Dès que nous nous sommes levés pour partir, ils ont immédiatement zappé notre émission pour regarder un match de foot. Ils devaient attendre ce moment depuis un temps fou, mais ne voulaient pas nous déranger. Des exemples comme ceux-là pourraient remplir des pages, je vais m'arrêter là.

À je ne sais quand,
pour ceux qui souhaitent nous écrire, il y a toujours la poste restante de Tripoli. Je ne connais pas l'adresse mais l'ambassade doit l'avoir.

Joyeux Noël si jamais nous nous attardons trop en Libye...

de la haute coiffure !
les grands salons de coiffure n'ont qu'à bien se tenir...
Isabelle est là avec les prestes ciseaux du couteau suisse !


Le petit mot de Xav':

kilométrage dans le pays, à vélo: 750 --- kilométrage dans le pays en car / pick-up / avion: dont: Bateau Sicile-Tunisie: 249 - Bateau île de Kerkennah A/R: 96 --- Total du kilométrage à vélo: 4000 --- Total du kilométrage en car / pick-up / avion: 462

Itinéraire: Carthage-Tunis-Kairouan-El Djem-Sfax-Ile de Kerkenna-(Episode Wallid)-Gabès-Medenine-Ben Gardan-Ras Ajdir (frontière)

ooohhhh, la Libye...

Ca ne tient pas à grand chose, de nous écrire: à un simple clic !

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